À Nantes Métropole, l’innovation doit servir le modèle de mixité des opérateurs d’exploitation et préserver la transition énergétique. C’est ce que nous avons appris de notre entretien ci-dessous avec Denis GUILBERT directeur à la direction du Cycle de l’eau de Nantes Métropole.

Denis GUILBERT

directeur à la direction du Cycle de l'eau , NANTES METROPOLE

Pourquoi optez-vous pour une mixité entre opérateurs d’exploitation privés et publics ? 

 Cette mixité nous permet d’avoir un équilibre entre une exploitation publique majoritaire sur le territoire et une exploitation privée d’une partie des réseaux et des principales stations de traitement des eaux usées. Cela nous permet de challenger l’ensemble des opérateurs en termes d’innovation et de créer une émulation permanente. Grâce à notre expérience publique d’exploitation, nous pouvons évaluer finement la qualité de service des opérateurs privés, car nous savons faire.  

 

 Quel est l’impact de ce choix hybride sur les investissements technologiques ? 

Les contrats passés avec les opérateurs privés les engagent à proposer des innovations. Leur durée calée sur 7 ans leur permet d’investir avec un retour gagnant-gagnant. 

 

 Vous n’avez, par exemple, pas encore investi dans la télérelève des compteurs, pourquoi ? 

Nous n’avons pas voulu nous précipiter et nous engager, même à moyen terme, avec l’installation d’un réseau de concentrateurs dans la ville. La technologie ne nous semblait pas mature et l’absence d’interopérabilité des systèmes était un enjeu. Les évolutions actuelles nous réinterrogent fortement. 

Est-ce que les utilisateurs expriment le besoin d’un suivi plus régulier des consommations d’eau ? 

Les particuliers expriment encore peu ce besoin, mais cela risque d’évoluer au regard de l’installation de systèmes pour les autres fluides (électricité, gaz,…). Pour les consommateurs d’eau plus importants (installations collectives, grandes surfaces, entreprises…), l’attente est plus largement exprimée. 

 

 Quels projets ou expérimentations menez-vous actuellement ? 

Des capteurs d’auto-surveillance des eaux usées pour suivre l’impact sur les déversements. 

Des capteurs pour limiter l’empreinte olfactive dans le voisinage des stations d’épuration.  

Des équipements de pilotage à distance visant la diminution de la consommation d’énergie. 

De nouvelles technologies pour la détection des fuites. 

 

 Et en matière de transmission des données par radiofréquence ? 

Au niveau de Nantes Métropole, des tests de réseau de radiofréquence se déroulent, avec tout dernièrement, une exploration de la 5G. Mais il n’y a pas encore de solutions globales communes à l’énergie, l’éclairage, la voirie ou encore aux déchets.  

 

Quel équilibre faut-il trouver entre nouvelles technologies et transition énergétique ? 

Nantes Métropole est très engagée sur ces questions de transition énergétique avec le déploiement d‘une feuille de route porteuse d’une grande ambition collective. La digitalisation à marche forcée va avec des coûts d’énergie importants (Data Center), mais elle apporte également des solutions d’optimisation des consommations énergétiques. 

Chiffres clés à retenir sur Nantes Métropole
  • 51 millions de m3 d’eaux usées traitées chaque année. 
  • 1000 km de cours d’eau et d’étiers. 
  • 203 000 abonnés au service public d’eau potable. 
La politique publique de l’Eau de Nantes Métropole

Nantes Métropole, qui regroupe 24 communes, positionne son rôle d’Autorité organisatrice sur le champ global de l’eau. Ceci permet de créer des synergies entre l’eau potable, l’assainissement et les milieux aquatiques. Deux tiers des réseaux de l’eau potable et de l’assainissement sont exploités par la régie publique de Nantes Métropole et un tiers par des opérateurs privés (Veolia, Suez,…). L’usine de production de la Roche est exploitée par la régie publique, les deux grandes stations de traitement des eaux usées Tougas et Petite Californie par la société EPUREO, entité de Suez. 

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