Découvrez dans le Tome 4 du Livre Blanc IoT, l’interview de Anne Johannet – Directrice du CREER Eau-Air-Terre-Feu et professeure à IMT Mines Alès.
Eau potable : une confiance forte mais des attentes croissantes en matière de transparence
Le Centre d’Information sur l’Eau (CIEau) dévoile son baromètre 2025 réalisé avec Kantar. Cette nouvelle édition confirme que la qualité est devenue le critère principal à travers lequel les Français évaluent leur service de l’eau, expriment leurs inquiétudes et formulent leurs attentes.

Dans un contexte marqué par la médiatisation des micropolluants, la multiplication des épisodes climatiques extrêmes et la crainte d’une dégradation des ressources, les Français envoient un message clair : ils font confiance à leur service de l’eau, mais cette confiance s’accompagne désormais d’une exigence accrue de preuves.
Une confiance solide, mais conditionnée par une meilleure transparence
Avec 86 % de satisfaction, les Français continuent de saluer la qualité et la fiabilité de leur service de l’eau. La confiance dans l’eau du robinet reste très élevée : 78 % déclarent lui faire confiance, et 68 % en consomment chaque jour. Cette confiance repose également sur les traitements, jugés fiables par 81 % des personnes interrogées.
Pour autant, cette confiance s’exprime dans un contexte jugé plus incertain : 75 % des Français se disent préoccupés par les micropolluants, dont les PFAS. Cette inquiétude croissante ne remet pas en cause la qualité de l’eau, mais révèle un besoin de compréhension plus poussé sur les mécanismes qui la garantissent.
En effet, si 56 % des Français estiment être suffisamment informés, 44 % déclarent manquer d’explications. Lorsqu’on les interroge sur leurs priorités, 48 % réclament avant tout des informations sur la qualité de l’eau (normes, contrôles, provenance), loin devant le prix (27 %) ou l’état des ressources (22 %).
Des attentes précises envers les professionnels de l’eau
Le baromètre révèle que les Français ne cherchent pas seulement à être rassurés, mais attendent des professionnels de l’eau qu’ils incarnent des réponses concrètes aux défis actuels. Ces attentes se structurent autour de trois priorités : 38 % attendent des professionnels qu’ils sachent gérer les crises liées à la qualité de l’eau, 29 % qu’ils innovent pour économiser la ressource, et 23 % qu’ils anticipent les crises climatiques.
Les préoccupations sanitaires restent au cœur des attentes. Les Français souhaitent davantage d’informations sur les nitrates et pesticides (51 %), les polluants éternels comme les PFAS (50 %), les virus et bactéries (50 %) et les microplastiques (48 %). Ce besoin de repères clairs s’inscrit dans une attente globale de transparence, à destination des autorités sanitaires, des collectivités et de l’État.
Comme le souligne Nathalie Davoisne, directrice du CIEau, « les Français ont confiance dans l’eau potable et y sont très attachés. Mais ils ont besoin d’être rassurés à l’égard des polluants émergents et de mieux comprendre comment sa qualité est garantie ».
Entre acceptation du prix et nouvelles pratiques face au climat
La projection d’une hausse du prix de l’eau est largement partagée : 82 % des Français l’anticipent, notamment en raison de la rareté de la ressource, du coût croissant des traitements et de la nécessité de moderniser les réseaux. Cette hausse serait acceptée si elle finance des actions prioritaires : 65 % mentionnent la lutte contre les polluants, 61 % la préservation de la ressource, 57 % la réutilisation des eaux usées traitées, et 53 % la réduction des fuites.
Les Français établissent un lien direct entre pollution, qualité de l’eau et coût du service : 70 % estiment que les ressources sont polluées, 72 % que cela dégrade la qualité de l’eau, et 75 % que cela augmente le prix. Pour financer les traitements, ils considèrent que la responsabilité doit être partagée : 68 % désignent les industriels, 37 % les agriculteurs, et seulement 26 % les particuliers.
Le changement climatique modifie également en profondeur le rapport à l’eau. 64 % craignent de manquer d’eau dans leur région, un sentiment qui atteint 73 % en PACA et 71 % en Occitanie. Cette inquiétude se traduit par une forte adhésion aux solutions de réutilisation : 87 % se déclarent prêts à utiliser de l’eau recyclée à domicile, 85 % à consommer des légumes irrigués avec cette eau, et 63 % à en boire.
La sobriété est déjà ancrée dans les pratiques : 86 % affirment surveiller leur consommation, et 73 % s’intéressent à des dispositifs de suivi personnalisé. Si la motivation est souvent économique (49 %), les dimensions environnementales progressent : 23 % invoquent la préservation de la ressource et 15 % la protection de la planète.
À retenir
L’édition 2025 confirme une réalité désormais bien installée : les Français font confiance à leur service de l’eau, mais cette confiance repose sur une exigence d’information, de transparence et d’engagement.
Dans un contexte où les pressions environnementales s’intensifient, les professionnels de l’eau sont appelés à jouer un rôle central : expliquer les enjeux, sécuriser la ressource et accompagner les évolutions d’usages.
Plus que jamais, le dialogue entre citoyens, collectivités et opérateurs s’impose comme un levier pour maintenir cette confiance et relever collectivement les défis de demain.
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