Découvrez dans le Tome 4 du Livre Blanc IoT, l’interview de Anne Johannet – Directrice du CREER Eau-Air-Terre-Feu et professeure à IMT Mines Alès.
Gestion de l’eau : les collectivités prêtes à agir, l’ATEP en soutien
Confrontées à l’intensification des sécheresses, aux inondations récurrentes et à une pression réglementaire croissante, les collectivités locales françaises sont appelées à repenser leur gestion de l’eau. Dans ce contexte, l’étude menée par l’ATEP (Acteurs du Traitement des Eaux de la Parcelle) avec Infopro Digital, dresse un panorama complet des perceptions et intentions d’action des élus et agents territoriaux.

Elle révèle une volonté majoritaire d’agir, mais aussi des disparités fortes selon les territoires. L’ATEP s’impose ici comme un appui structurant, apportant expertise, ressources et lisibilité à un enjeu complexe.
Collectivités et citoyens : une prise de conscience partagée mais hétérogène
Selon l’étude ATEP, 96 % des collectivités considèrent la gestion de l’eau comme une priorité absolue pour leur territoire. Une perception partagée par les Français, qui placent également l’économie d’eau parmi leurs principales préoccupations. Cette conscience accrue s’explique à la fois par les épisodes climatiques extrêmes vécus récemment et par la médiatisation croissante des enjeux hydriques.
Toutefois, l’étude met aussi en évidence une diversité de situations : 43 % des collectivités déclarent déjà avoir mis en place des actions de gestion de l’eau à la parcelle, tandis que 22 % souhaitent le faire. À l’inverse, 16 % n’ont pas l’intention d’engager de telles démarches, souvent en raison d’un manque de moyens humains ou financiers. Ces écarts s’expliquent notamment par la taille des collectivités : les intercommunalités sont plus avancées que les petites communes rurales, moins dotées en ingénierie technique.
Du côté des citoyens, l’attente est bien présente. La majorité des répondants estiment que leur commune doit agir pour réutiliser les eaux récupérées, notamment pour l’arrosage, le nettoyage urbain ou la recharge des nappes. Ce soutien citoyen est un levier que les collectivités peuvent activer. Les Français sont également favorables à l’usage des eaux impropres à la consommation humaine pour des fonctions techniques comme le nettoyage de la voirie ou la gestion des incendies, ce qui ouvre la voie à des pratiques plus circulaires et économes.
L’eau à la parcelle : un levier concret au service des territoires
Parmi les actions plébiscitées, la gestion de l’eau à la parcelle apparaît comme un outil pragmatique et adaptable aux contextes locaux. 54 % des collectivités qui se sentent concernées privilégient les solutions liées aux eaux pluviales (infiltration, stockage, évapotranspiration), tandis que 29 % évoquent la valorisation des eaux non conventionnelles (eaux grises, eaux usées traitées).
L’étude montre que ces démarches sont déjà à l’œuvre dans plusieurs territoires. Près de 73 % des collectivités qui réutilisent les eaux de pluie s’en servent pour arroser les espaces verts. L’usage dans les bâtiments scolaires, pour alimenter les chasses d’eau, se développe aussi, soutenu par des évolutions réglementaires récentes.
Le potentiel est important : réduction des prélèvements, résilience face à la sécheresse, économies pour les budgets publics. Ces solutions locales répondent à la fois à des enjeux environnementaux et à des besoins très concrets de gestion urbaine. Leur mise en œuvre nécessite cependant un appui technique et organisationnel solide.
On note aussi une volonté des collectivités d’impliquer les particuliers. Près d’une sur deux souhaiterait accompagner les ménages dans la rénovation de leurs systèmes d’assainissement non collectif, notamment via des opérations groupées. Ce type d’initiative renforce l’impact local des politiques de l’eau et ancre les actions dans les pratiques du quotidien.
L’ATEP, un collectif d’acteurs pour accompagner le passage à l’action
Créée le 1er octobre 2020, l’ATEP regroupe des industriels, entreprises et experts engagés dans le traitement et la valorisation des eaux à la parcelle. Son objectif : structurer une filière en pleine mutation et promouvoir des pratiques innovantes au service des territoires.
L’ATEP agit à plusieurs niveaux. Elle publie des guides techniques, participe aux débats réglementaires et accompagne les professionnels dans le déploiement de solutions concrètes. Elle porte notamment les enjeux de l’assainissement non collectif, de la valorisation des eaux grises, ou encore de la réutilisation des eaux pluviales dans les bâtiments.
Au-delà de l’expertise technique, l’ATEP joue un rôle fédérateur. En mettant en réseau ses membres et en dialoguant avec les pouvoirs publics, elle contribue à créer un cadre plus lisible pour les collectivités. Son étude récente est un jalon dans cette démarche : elle permet de mieux comprendre les freins, mais aussi les dynamiques en cours, pour adapter les accompagnements.
La gestion de l’eau à la parcelle n’est pas qu’une affaire d’ingénierie : c’est un projet collectif. Et à ce titre, le rôle de l’ATEP est central pour catalyser les énergies locales. De plus, le syndicat valorise l’innovation technique tout en soulignant l’importance des compétences humaines : former, sensibiliser, outiller les acteurs publics devient une priorité.
Une transition engagée à accompagner dans la durée
Les résultats de l’étude ATEP confirment une réalité : les collectivités françaises sont prêtes à agir, mais elles ne sont pas toutes également armées pour le faire. La gestion de l’eau à la parcelle représente un levier d’action accessible, modulable et vertueux, à condition d’être accompagnée.
Dans ce paysage en transition, l’ATEP incarne une force de soutien, un acteur fédérateur capable d’éclairer les décisions locales.
Pour faire de l’eau non plus un sujet de crise, mais un champ d’innovation partagée. L’enjeu des prochaines années sera de passer à l’échelle, en intégrant les solutions existantes dans les projets d’aménagement et les politiques territoriales, avec l’appui des réseaux d’acteurs déjà mobilisés.
Cette étude confirme que nous sommes à un tournant majeur dans la gestion de l’eau. Les collectivités quittent progressivement une approche purement technique, centrée sur le réseau, pour adopter une vision plus globale, intégrée et résiliente. Les résultats montrent un véritable changement de posture : au-delà des intentions déclarées, nous observons des initiatives concrètes qui traduisent la volonté d’agir. Bien sûr, certains obstacles subsistent, mais il est encourageant de constater que les progrès accomplis permettent déjà d’espérer des transformations durables.
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