Les instances gouvernementales françaises ont lancé les Assises de l’Eau, un vaste chantier pour établir les priorités dans ce secteur d’activité. Une mission d’information sur la ressource en Eau a été formée et a rendu son rapport à l’Assemblée Nationale le 21 Juin 2018.

En voici les extraits les plus importants concernant les réseaux d’eau.

L’accentuation des efforts de réduction des fuites

Nos interlocuteurs ont dressé devant la mission un constat partagé : le niveau actuel des dépenses de renouvellement des réseaux d’eau potable (0,6 %/an du linéaire total) devrait être doublé ; cela aura pour effet de réduire les fuites d’eau (environ 20 % des volumes mis en distribution). Même si ce taux ne pourra jamais être ramené à zéro, ces fuites deviennent moins admissibles en situation de manque d’eau, et sa diminution contribuera à faciliter la gestion des conflits d’usage de la ressource dans les situations de manque d’eau.

Cet effort financier doit toutefois s’inscrire dans un cadre optimisé et de recherche de solutions performantes pour inciter les services à :

– Objectiver les priorités de renouvellement des tronçons au regard d’un niveau de performance à atteindre, ce qui suppose par exemple un travail de connaissance des réseaux (alors que 57 % des réseaux ne disposent pas à ce jour de programme de renouvellement) ;

– Optimiser les durées de vie de ceux-ci par des politiques optimisées d’exploitation et de maintenance ;

– Se doter de moyens efficaces de recherche de fuites en ayant recours aux possibilités offertes par la numérisation.

Il existe aujourd’hui en matière de réseaux un risque de fracture territoriale, en particulier sur les investissements dans les ouvrages dont 10 à 20 % sont à risque (PVC), lié aux capacités financières des collectivités locales.

De nouveaux défis

Pour gérer les eaux pluviales au plus près de leur point de chute respectueuse du cycle de l’eau, de grands principes sont à respecter : éviter de collecter les eaux pluviales dans des réseaux d’assainissement (unitaires ou séparatifs), limiter le parcours des eaux pluviales afin de limiter l’érosion et le lessivage des sols, éviter la concentration des écoulements, favoriser l’évaporation de l’eau et l’évapotranspiration par la végétation. Une gestion des eaux pluviales à la source se veut complémentaire d’une gestion séparative en limitant les apports d’eaux pluviales à prendre en charge par les systèmes d’assainissement existants.

Par ailleurs, les eaux pluviales peuvent constituer une nouvelle ressource en tant que support de nature en ville de biodiversité, d’animation paysagère et de lutte contre les îlots de chaleur urbains (accroissements localisés des températures en zones urbaines).

La question du renouvellement des stations d’épuration est contrariée par le durcissement des normes sanitaires et la diminution des étiages qui risquent de rendre difficile l’envoi de rejets dans des rivières l’été. Cela implique de promouvoir des solutions innovantes conduisant à la baisse des rejets (par exemple, les solutions membranaires).

Nous nous situons dans le contexte du changement climatique qui implique un stress sur les ressources pouvant conduire à la fois à la prolongation des périodes de pluie ou de sécheresse.

La question des ressources se pose à la fois pour la quantité et la qualité qui sont, du fait de la question de la concentration, intimement liées. Des questions se posent pour utiliser à plein les nouvelles technologies et recharger les nappes, en particulier sur la qualité réglementaire des eaux. Aujourd’hui, il est possible de contrôler la qualité de l’eau en continu avec des capteurs (pour mémoire, nous sommes passés d’un délai d’analyse de 3 jours à 3 heures). Aussi, les apports du numérique seront-ils à l’avenir très importants.

L’augmentation de la capacité des systèmes de détection permet de repérer de nouvelles pollutions telles que celles liées aux nanomatériaux, ce qui met en évidence de nouvelles problématiques.

L’impact de l’élévation du niveau de la mer est peu pris en compte, or beaucoup d’infrastructures se situent à des niveaux inondables, ce qui pose un problème de sécurité et de risque de pollution en cas de tempête.

Pour aller plus loin, recevez le rapport complet :

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