Où sont les objets connectés ? Distribution d’eau, comptage du débit, détection des fuites, surveillance des déversements, mais aussi mesure des caractéristiques physico-chimiques. C’est un panorama assez exhaustif que nous a fait Pierre-Henri BOUHET de l’Office International de l’Eau.  

Pierre-Henri Bouhet

Chargé de formations et d’études, OIEAU

Quelles sont les solutions connectées les plus déployées dans le monde de l’eau ? 

Depuis 10 à 15 ans, la mesure quantitative est relativement bien traitée. Il existe deux options majeures : la mise en place de nouveaux débitmètres et compteurs d’eau connectés ou encore l’installation de têtes émettrices sur les compteurs existants.

À l’aide de data loggers, et d’un report vers un poste central, l’enregistrement de valeurs est possible moyennant une consommation d’énergie raisonnable. Les compteurs connectés pour la distribution de l’eau chez le particulier sont déjà bien connus.

Parmi les autres usages répandus, on compte aussi le comptage du débit d’eau par sectorisation afin d’identifier les fuites sur les réseaux d’eau potable ou encore la quantification des déversements en milieu naturel en provenance des réseaux d’eaux usées.  

 

Qu’en est-il pour les solutions qui mesurent la qualité de l’eau ? 

Les solutions connectées de mesure des caractéristiques physico-chimiques sont encore peu répandues dans les réseaux d’eau.

Ce sont principalement les grandes sociétés délégataires qui mènent des expérimentations à grande échelle. Les tendances d’aujourd’hui sont à la miniaturisation et au regroupement de ce que l’on appelle désormais des nano-capteurs sur une même sonde multi-paramètres.

Ce type d’équipement, plus robuste, va nécessiter une maintenance plus réduite que les sondes classiques, contraignantes en termes de fréquence d’étalonnage par exemple.

Certaines sondes intègrent même un nettoyage automatique. Elles peuvent être entièrement autonomes pour un positionnement en milieu naturel, leur seule limite étant la tenue de leur batterie. 

Peut-on dire que c’est le minitel qui a ouvert la voie ? 

La ligne téléphonique a permis les premières transmissions d’alarmes à distance, sans déplacement d’un technicien. C’est en effet grâce au minitel que le paramétrage, la consultation d’informations complémentaires et le contrôle à distance sont devenus possibles. Partout où il y avait une ligne de téléphone câblée (stations de relevage, des châteaux d’eau ou des réservoirs), on pouvait enregistrer et transmettre électroniquement. Prochainement, le réseau téléphonique commuté (RTC) qui était le support de ces transmissions va disparaître, mais pas la ligne physique qui y était associée. Toutes les communications devront passer par une connexion IP (Internet Protocol) à l’aide d’un modem ADSL, ou passer par des liaisons radio. 

 

Va-t-on vers des protocoles de communication normés ? 

Aujourd’hui, de nombreux protocoles de radiocommunication déployés dans le secteur de l’eau sont encore « propriétaires », c’est-à-dire développés par le fabricant. Leurs produits ne fonctionnent pas sur un autre réseau. Des passerelles (gateway) permettent une transformation des données vers un autre protocole, mais le paramétrage est souvent contraignant. Certains fournisseurs affichent leurs capteurs comme étant multi-protocoles, avec plus ou moins de succès. Mais aujourd’hui, il n’y a pas d’obligation à respecter une normalisation spécifiant un type de protocole avec une liste de caractéristiques techniques garantissant l’interopérabilité. 

 

Quel sera l’impact de ces « nouvelles » technologies sur la stratégie de gestion de l’eau par les collectivités ? 

Ces technologies connectées impliquent de nouveaux savoirs, et donc une gestion des ressources humaines adaptée. Certains profils sont amenés à voir leurs missions changer. Les nouveaux releveurs de compteurs font leur relève non plus compteur par compteur, mais en walk-by, en drive-by (en passant à proximité des appareils qui à leur passage émettent leurs index), voire depuis leur supervision automatiquement. Ils peuvent ainsi être mobilisés sur d’autres tâches (recherche de fuites, dépannages, changements d’équipements…) moyennant, selon les profils, une requalification pour étendre leur champ de compétences. Les profils de technicien instrumentiste, de gestionnaire de réseau informatique, de data analyst, ou encore d’expert en cybersécurité vont se développer. Les particularités de ces métiers prennent une place de plus en plus importante au sein de nos formations à l’OIEau. 

A propos de l’OIEau

L’Office International de l’Eau (OIEau) est une association de droit français sans but lucratif déclarée d’utilité publique par Décret du 13 septembre 1991.

Son rôle est de développer les compétences pour mieux gérer l’eau, à travers 4 missions fondamentales : la formation professionnelle, l’appui technique et institutionnel, la gestion des systèmes d’information et des données sur l’eau et l’animation de réseaux d’acteurs.

Plus de 6000 personnes sont formées chaque année par l’OIEau sur les centres de formation du Limousin, sur les sites clients ou encore en e-learning. 

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