36 milliards : c’est le nombre d’objets connectés que notre planète comptera en 2030. Les technologies connectées connaissent un essor fulgurant et évoluent à une vitesse extrêmement rapide. C’est pour comprendre ces évolutions et leurs applications dans le monde de l’eau que nous avons décidé de consacrer cette deuxième édition des Matinales de l’Eau aux objets connectés.

Retour sur cette matinée riche en informations, en débats et idées concrètes !

La Matinale de l'Eau du 3 Novembre 2020

 

 

Innover : plus que jamais une nécessité !

Le saviez-vous ? L’un des premiers objets connectés déployé à grande échelle n’est pas le téléphone portable mais… le compteur d’eau individuel.

Le monde de l’eau est ainsi le premier secteur d’activité à avoir développé massivement des objets connectés sur un territoire donné – ne l’oublions pas ! Et pour rester pionniers en la matière, les acteurs du monde de l’eau doivent continuer à innover et explorer de nouvelles solutions.

C’est tout l’objectif de l’appel à projets lancé par l’Agence de l’Eau Seine Normandie et présenté par Lydia Prouvé au début de la Matinale.

La démarche « Innovation pour la gestion de l’eau » est structurée autour de 4 axes :

  • l’usine d’épuration du futur,
  • les réseaux intelligents,
  • l’éco-efficience des procédés industriels,
  • le numérique au service de l’aide à la décision et au partage de l’information.

Les projets financés par cette initiative devront contribuer à l’amélioration qualitative et quantitative des ressources en eau ou plus largement à l’amélioration de la performance environnementale des systèmes d’eau potable et d’assainissement.

 

Les objets connectés vus par une collectivité : quelle valeur ajoutée ?

Pour Stéphane Picol, responsable de la production d’eau potable dans la commune de Quimperlé en Bretagne, les objets connectés et la transmission des données en temps réel changent significativement la donne en matière de gestion de l’eau : «  les équipements connectés qui se trouvent sur nos réseaux et installations nous facilitent la vie au quotidien ».

Les compteurs et capteurs présents sur les sites de production et de stockage ainsi qu’au plus près des 1 500 kms de réseaux de Quimperlé permettent en effet d’améliorer la surveillance, de passer moins de temps à établir des diagnostics sur l’ensemble du réseau, et de mieux anticiper les dysfonctionnements.

Un capteur installé sur un château d’eau par exemple va détecter une fuite quasiment en temps réel, ce qui permet aux équipes de réagir avant que les conséquences ne soient trop importantes.

« Grâce aux outils de diagnostic intégrés aux data loggers, on intervient seulement en cas de problèmes et de valeurs anormales » précise Stéphane Picol.

12 experts des objets connectés témoignent

 

De la mesure à l’action : le chemin de vie de l’information

Quelles sont les grandes étapes de la vie de l’information au sein d’un système connecté ?

C’est ce que nous avons cherché à savoir avec Christophe Magniez responsable IIOT chez Lacroix-Sofrel, qui a tracé un parcours en quatre phases principales.

Première étape : la mesure physico-chimique in situ. L’important lors de cette étape est de définir la grandeur représentative de ce que l’on souhaite relever, qu’il s’agisse de débit, de pression, de qualité… La bonne question à se poser est : qu’est ce que je cherche à savoir, et pour quoi faire ?

Deuxième étape : l’acquisition de l’information. Il s’agit ici de lire et d’enregistrer la donnée que l’on a collectée lors de la première étape, sans la déformer, voire même en l’enrichissant (par exemple par en apposant une date et une heure). Cette action peut être gérée par le capteur lui-même s’il est communicant ou bien par un élément intermédiaire (data logger).

Troisième étape : le traitement de la donnée. Cette étape est celle de l’analyse et de l’interprétation de l’information : conversion d’une impulsion d’un compteur d’eau, calcul de moyenne, comparaison à des seuils…

Quatrième étape : la transmission de la donnée, pour une exploitation locale (l’information est alors transmise en intersite) ou distante (l’information remonte vers le cloud ou le système de supervision).

L’ultime étape est bien sûr celle de l’action, que celle-ci soit corrective, préventive ou prédictive.

 

Quand connecté rime avec cybersécurité !

Tout au long de son parcours au sein du système connecté, l’information doit être soigneusement protégée pour éviter d’éventuelles actions malveillantes. La cybersécurité est une thématique cruciale, dont l’importance croît à mesure que les réseaux s’interconnectent.

Pour Ludovic Pertusel, Product manager Smart Water chez Lacroix-Sofrel, le premier enjeu en matière de cybersécurité est celui de la gestion des utilisateurs.

Il est en effet important d’attribuer à chaque utilisateur une modalité d’accès et un périmètre précis, afin de contrôler et de limiter l’accès au système.

Sécuriser un réseau connecté, c’est aussi crypter les échanges et les transmissions de données, via un serveur VPN s’il s’agit d’un serveur public, ou via un APN privé.

Il faut également s’assurer que ces informations soient partagées entre tiers de confiance, grâce à des certificats qui attestent de la fiabilité de chaque interlocuteur impliqué dans le processus.

Le dernier « verrou » à ajouter est celui des traces syslog, qui permettent de suivre toutes les actions effectuées sur l’équipement (modification de données, actions malveillantes…).

Ludovic Pertusel et Stéphane Picol retiennent de leur expérience sur le terrain une certitude commune : pour bien protéger un système connecté, il est indispensable de faire dialoguer le monde IT (Information Technology) et le monde OT (Operational Technology).

De nombreuses failles proviennent en effet d’une mauvaise interaction entre ces deux univers qui ne se comprennent pas toujours bien et ne prennent pas suffisamment en compte leurs impératifs respectifs.

 

Calendrier 2021 Monreseaudeau.fr

 

L’interopérabilité : la clé de réussite des systèmes connectés

Les objets connectés seraient-ils victimes de leur succès ? D’une certaine manière, oui.

Dans le monde de l’eau, la démultiplication des objets connectés a conduit au fil des années à une complexification croissante des systèmes : les équipements utilisent des technologies, des plateformes et des méthodes de communication différents qui se superposent souvent sans coordination. A l’échelle de la ville connectée, le constat est le même, et la complexité est bien sûr encore plus criante.

Alors comment simplifier et mutualiser les infrastructures connectées ?

Pour Fabrice Perboyer, Directeur commercial France de la société Zenner et Manfred Schmidt, Directeur du développement international chez Zenner, la réponse tient en un seul mot : interopérabilité.

Enjeu fondamental de la smart city, l’interopérabilité est en effet la clé de réussite de tout système connecté puisqu’elle permet une gestion simplifiée, plus efficace et à moindre coût des équipements.

C’est toute la promesse d’Element IoT, une plateforme interopérable et modulaire développée par Zenner, qui centralise et traite aujourd’hui plus de 123 millions de données par jour.

Mais pour Fabrice Perboyer, la technologie n’est pas le seul levier à activer : l’interopérabilité des systèmes au sein de la smart city doit également être le fruit d’une décision politique : les différents services de la ville, sous l’impulsion des élus, doivent travailler ensemble, mettre leurs idées en commun et dialoguer pour coordonner leurs actions et agir de concert.

 

Les objets connectés : une histoire qui ne fait que commencer… Rendez-vous en 2021 pour en reparler !

Le monde des objets connectés ne cesse d’évoluer et l’on peut vite se sentir dépassé ! Pour poursuivre les débats et continuer à partager nos expériences, rendez-vous dans un an, le 7 septembre 2021, pour une nouvelle Matinale de l’eau spéciale objets connectés !

Nous explorerons également cette thématique dans le tome 2 de notre livre blanc sur les objets connectés, consacré cette fois aux données.

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