Agence de l’eau Seine-Normandie : près de 141 M€ d’aides pour 776 projets

par | 6 Nov 2026

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Agence de l’eau Seine-Normandie : près de 141 M€ d’aides pour 776 projets

Le 30 octobre 2026, l’Agence de l’eau Seine-Normandie a présenté les résultats de sa troisième commission des aides de l’année. Au total, 776 projets ont été examinés, représentant 140,94 millions d’euros d’aides, sous forme de subventions et d’avances.

L’Agence de l’eau Seine-Normandie mobilise près de 141 M€ pour 776 projets liés à l’assainissement, aux captages et à la protection de l’eau.

Ces financements concernent notamment l’assainissement, la gestion des eaux pluviales, la protection des captages et la préservation des milieux aquatiques. Plusieurs dispositifs agricoles illustrent également les actions engagées pour limiter les pollutions à la source et protéger durablement les ressources en eau.

Près de 141 M€ pour accompagner les projets liés à l’eau

Réunie sous la présidence d’Isabelle Gaillard, la commission des aides de l’Agence de l’eau Seine-Normandie a examiné 776 projets lors de sa séance du 30 octobre 2026. Avec 140,94 millions d’euros d’aides, cette troisième commission de l’année confirme un rythme soutenu, dans la continuité de celle organisée en juin.

Les financements accompagnent différents acteurs du bassin : collectivités territoriales, entreprises, exploitants agricoles et associations. Les projets soutenus répondent à plusieurs objectifs, parmi lesquels la réduction des pollutions, la préservation de la ressource en eau et l’adaptation des territoires au changement climatique.

L’assainissement représente le premier poste de financement, avec 28,13 M€ consacrés aux stations d’épuration et 24,49 M€ aux réseaux d’assainissement. Ces deux domaines totalisent 52,62 M€ d’aides.

La gestion des eaux pluviales bénéficie également d’une enveloppe de 15,65 M€. Les opérations relatives aux réseaux d’assainissement, aux stations d’épuration et aux eaux pluviales constituent ainsi une part importante des projets accompagnés.

D’autres financements sont destinés aux milieux aquatiques, à l’agriculture, à l’industrie ou encore à l’alimentation en eau potable.

La répartition des 140,94 M€ d’aides

L'Agence de l'eau Seine-Normandie mobilise près de 141 M€ pour 776 projets liés à l'assainissement, aux captages et à la protection de l'eau.

Au-delà de la répartition financière, l’Agence de l’eau a également pris connaissance de 11 contrats de territoire. Parmi eux figurent les contrats du Champigny, du Vexin français, du Havre Pointe de Caux, de la Marne Moyenne ainsi que de l’Ourcq amont et Clignon.

Ces contrats définissent des programmes d’actions pluriannuels, élaborés avec les partenaires locaux. Ils portent notamment sur la protection des ressources en eau, la restauration des rivières et des zones humides et l’adaptation au changement climatique.

Pour les porteurs de projets, ces dispositifs apportent une meilleure visibilité sur les opérations à programmer et les possibilités d’accompagnement financier de l’Agence de l’eau.

Protection des captages : des financements pour faire évoluer les pratiques agricoles

La protection des captages d’eau potable fait partie des actions accompagnées lors de cette commission.

Sur les aires d’alimentation des captages, les financements agricoles visent à limiter les pollutions diffuses à leur source. Plusieurs programmes reposent sur les paiements pour services environnementaux (PSE), qui permettent de rémunérer les agriculteurs pour l’adoption ou le maintien de pratiques favorables à la qualité de l’eau.

Eau de Paris bénéficie ainsi de près de 9,9 M€ d’aides pour la première campagne de son nouveau dispositif de paiements pour services environnementaux. Cette contribution représente 80 % des financements.

Le programme rassemble 40 engagements, dont 19 nouvelles entrées, et couvre une surface agricole totale de 6 362 hectares.

Les contrats sont établis pour une durée de sept ans. Ils encouragent la réduction de l’utilisation des pesticides, le maintien et le développement de l’agriculture biologique ainsi qu’une meilleure rémunération des surfaces en herbe.

Une prime est également prévue en fonction de la quantité d’azote restant dans les sols à l’entrée de l’hiver. Elle vise à encourager les pratiques permettant de limiter le transfert des nitrates vers les nappes.

Le dispositif prolonge une démarche engagée depuis 2020. Selon le bilan communiqué par Eau de Paris, les pratiques des 115 exploitations engagées en 2023 ont permis d’éviter l’utilisation de plus de 55 tonnes de substances actives pesticides, en comparaison avec les pratiques des parcelles non engagées sur les mêmes territoires. Le bilan fait également état d’une nette réduction des pics de pollution observés.

Des programmes adaptés aux territoires de la Manche et de l’Oise

Dans la Manche, le Syndicat départemental de l’eau étend son dispositif de PSE après une première expérimentation menée à Sainteny.

La nouvelle campagne concerne 49 agriculteurs et 1 627 hectares situés sur des aires d’alimentation de captages, soit près de la moitié de leur surface agricole. L’Agence de l’eau apporte 710 540 € à ce programme.

Le montant de la rémunération dépend de plusieurs paramètres : l’utilisation des herbicides, les surfaces maintenues en prairie et la couverture des sols pendant la période de recharge des nappes.

Le dispositif prévoit notamment qu’une exploitation dépassant le seuil fixé pour les herbicides ne pourra percevoir aucune rémunération pour l’année concernée.

Dans l’Oise, la communauté d’agglomération du Beauvaisis accompagne 11 exploitations situées autour des captages prioritaires de Bresles et de Litz, concernés par des pollutions aux nitrates et aux pesticides.

Les parcelles représentent environ 40 % de la surface agricole des aires d’alimentation concernées. Avec une aide de 700 847 €, le programme soutient la réduction des traitements, l’amélioration de la gestion de l’azote, l’allongement de la couverture des sols et le développement de cultures à bas niveau d’intrants.

En Eure-et-Loir, la filière sarrasin soutenue pour réduire les pressions sur l’eau

Au-delà de la rémunération des pratiques agricoles, la protection de la ressource passe également par le développement de cultures moins exigeantes en intrants.

C’est notamment l’objectif d’un projet porté en Eure-et-Loir par la Société coopérative agricole d’Eure-et-Loir (SCAEL), en partenariat avec Chartres Métropole.

Le programme concerne le développement de la filière sarrasin, une culture peu exigeante en engrais et en pesticides. Son introduction dans les rotations agricoles permet de diversifier les productions tout en réduisant les pressions exercées sur la ressource en eau.

Pour accompagner cette démarche, la coopérative prévoit d’aménager des équipements de séchage, de tri et de stockage sur le site du Boullay-Mivoye.

Un drone doit également être utilisé pour faciliter le repérage du datura, une plante toxique susceptible de contaminer les récoltes.

Le montant de l’investissement atteint 673 446 €, dont 336 723 € financés par l’Agence de l’eau Seine-Normandie.

Ces aménagements s’inscrivent dans un objectif de développement de 600 hectares de sarrasin sur les aires d’alimentation des captages de Chartres Métropole.

L’accompagnement de la filière ne se limite toutefois pas à la mise en place d’équipements.

Un programme de recherche pour améliorer la production de sarrasin

En parallèle, Agri-Obtentions conduit un programme de sélection variétale et d’expérimentation sur la période 2026-2031. Celui-ci bénéficie d’une aide de 282 316 € de l’Agence de l’eau.

Les travaux doivent permettre d’améliorer plusieurs caractéristiques de la culture : la régularité des rendements, l’adaptation aux conditions de production et la qualité des grains destinés à la transformation alimentaire.

L’objectif est de rendre la production de sarrasin plus fiable et plus attractive pour les exploitants agricoles.

Cette démarche répond à une problématique identifiée dans le communiqué : pour favoriser l’installation durable d’une culture dans les exploitations, les agriculteurs doivent pouvoir s’appuyer sur des équipements adaptés, mais aussi sur des possibilités de commercialisation.

Le projet associe ainsi le développement d’infrastructures de collecte et de transformation à des travaux de recherche variétale.

Il illustre l’un des axes d’intervention de l’Agence de l’eau : accompagner les changements de pratiques agricoles en agissant également sur les conditions économiques et techniques nécessaires à leur pérennité.

En soutenant à la fois les équipements de la SCAEL et les travaux d’Agri-Obtentions, l’Agence de l’eau contribue au développement d’une filière agricole compatible avec les objectifs de protection des captages de Chartres Métropole.

Des aides inscrites dans le programme Eau, Climat & Biodiversité

Les 140,94 M€ examinés lors de cette troisième commission des aides s’inscrivent dans le programme Eau, Climat & Biodiversité 2025-2030 de l’Agence de l’eau Seine-Normandie.

Ce programme met notamment l’accent sur la sobriété des usages de l’eau, la protection de la ressource et la biodiversité.

Avec quatre commissions des aides organisées chaque année, l’établissement public accompagne financièrement et techniquement les projets des collectivités, industriels, agriculteurs et associations du bassin.

Les opérations présentées lors de cette commission témoignent de la diversité des actions soutenues, depuis les infrastructures d’assainissement jusqu’aux dispositifs agricoles de protection des captages.

Acteurs cités dans cet article

Agence de l’eau Seine-Normandie

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